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Combien ça coûte

Prix d'une rénovation de salle de bain : la plomberie décide

Une rénovation de salle de bain va de 400 à 2 500 € du mètre carré. Ce qui fait basculer d'un bout de la fourchette à l'autre tient à une seule question : déplace-t-on les évacuations ?

  • 7 min de lecture
Un mur de salle de bain dont la faïence a été piquée, colle et canalisations encastrées apparentes

Une rénovation de salle de bain se facture 400 à 2 500 € du mètre carré au sol, fournitures et pose comprises. Pour une pièce de 5 m² entièrement reprise, sanitaires laissés là où ils sont, la note tombe entre 4 500 et 7 000 €.

Ce prix au mètre carré ne dit pourtant rien de la question qui commande le devis : est-ce que la plomberie bouge ? Tout le reste en découle.

Ce qu’on entreprendLes réseauxPrix au m² au solPour 5 m²
Peinture, joints, robinetterie, éclairagerien n’est touché400 à 800 €2 000 à 4 000 €
Sanitaires neufs aux mêmes places, sol et faïence refaitsraccordés sur place900 à 1 400 €4 500 à 7 000 €
La douche, les WC ou la vasque changent de murarrivées et évacuations déplacées1 500 à 2 500 €7 500 à 12 500 €
Salle de bain créée dans une autre pièceréseaux à créer2 000 à 3 300 €10 000 à 16 500 €

L’arrivée d’eau se déplace, l’évacuation beaucoup moins

Rallonger une alimentation ne coûte presque rien. Le tube souple se déroule derrière une cloison, comptez 80 à 180 € le mètre linéaire posé. L’évacuation, elle, descend par gravité, avec une pente de 1 à 3 cm par mètre, et cette pente doit bien se loger quelque part.

Éloigner des WC de trois mètres de la chute réclame donc jusqu’à 9 cm de hauteur sous le tuyau. On les prend au plafond du dessous, dans un coffrage, ou sur une estrade qui mange la pièce. Aucune des trois ne passe ? Reste le broyeur, 400 à 900 €, avec le bruit et l’entretien qu’il impose.

En immeuble, la chute appartient aux parties communes. Y créer un piquage supplémentaire passe par l’assemblée générale, et un artisan qui promet de déplacer les WC sans en parler n’a pas regardé où il posait ses tuyaux. Une reprise complète des réseaux coûte 1 000 à 3 000 €.

La douche à l’italienne se joue en centimètres

L’expression recouvre deux chantiers sans rapport. Le premier pose un receveur extra-plat sur le sol existant, 520 à 1 200 € main-d’œuvre comprise, avec un ressaut de 3 à 5 cm. Le second encastre le siphon à fleur de carrelage, et il faut alors 10 à 15 cm de vide sous le sol fini.

Ces centimètres s’obtiennent en décaissant la dalle : possible au rez-de-chaussée sur terre-plein, jamais sur un plancher bois d’étage ou une dalle mince. Sinon on rehausse toute la pièce, et la marche chassée de la douche réapparaît sur le seuil. Une italienne complète, étanchéité sous carrelage et faïence des parois comprises, se chiffre 2 550 à 4 200 €.

Un caniveau linéaire plaqué contre un mur récupère trois à quatre centimètres sur un siphon central : l’eau ne descend plus que dans une direction. C’est souvent lui qui rend le plain-pied possible.

Le carrelage se compte au mur, jamais au sol

Une salle de bain de 5 m² développe environ 8 mètres de mur, porte déduite. Carrelée jusqu’à 2,10 m, elle réclame près de 17 m² de faïence, plus de trois fois sa surface au sol. Presque tous les budgets faits à la maison butent là-dessus.

La pose se facture 40 à 70 € du mètre carré. La fourniture va de 15 € pour une faïence blanche à 70 € pour un grès cérame grand format. Ces 17 m² pèsent donc 950 à 2 400 €, et l’addition monte encore avec les carreaux au-delà de 60 cm de côté, qui réclament un support dressé : chevron ou diagonale ajoutent 20 à 40 % de main-d’œuvre.

Combien de faïence sur les murs

5 m² au sol, 17 m² de mur, soit 950 à 2 400 € posés.

Porte déduite, niches non déduites.

La ventilation se chiffre, ou se paie plus tard

L’arrêté du 24 mars 1982 relatif à l’aération des logements impose une extraction permanente de 15 m³ par heure dans une salle de bain. Sans fenêtre ouvrante, aucune rénovation n’y échappe. Et la faïence posée sur un mur mal ventilé se décolle en quelques hivers.

Un extracteur raccordé sur une gaine existante se remplace pour 150 à 400 €. Créer le réseau, percer le conduit, sortir en toiture et tirer une alimentation fait passer le poste à 800 ou 1 500 €. Une VMC hygroréglable, qui module son débit sur l’humidité, ajoute 300 à 600 €.

Les six lignes qui séparent deux devis

Un devis obéit à des mentions imposées. Aucune ne l’oblige à détailler ce qui suit, et c’est pourtant là que deux entreprises cessent de vendre la même chose.

La ligneCe qu’elle doit porter
Métréles mètres carrés de sol et de mur, séparément
Réseauxles emplacements conservés, ceux qui bougent et le linéaire déplacé
Douchereceveur posé ou siphon encastré, avec la profondeur de décaissement
Étanchéitéle système sous carrelage, nommé, et sa surface
Ventilationle débit retenu et le tracé de la gaine
Déposele nombre d’appareils déposés, la benne et qui la loue

Derrière l’ancienne faïence

La dépose se facture 70 à 250 € par appareil, canalisations obturées comprises, plus 200 à 450 € de benne. Un mètre carré de faïence piquée pèse une vingtaine de kilos, et une pièce ordinaire remplit un demi-conteneur.

Une fois les carreaux tombés, le mur ressort rarement plan. Enduit de rebouchage puis ragréage mural : 15 à 35 € du mètre carré, poste qui surgit toujours en cours de chantier. La remise aux normes électriques joue dans les mêmes eaux. La norme NF C 15-100 impose des volumes de sécurité autour de la douche et une liaison équipotentielle ; sur une installation ancienne, comptez 500 à 1 500 €.

Et il y a le coût qu’aucun devis ne chiffre. Quand le logement n’en compte qu’une, la pièce reste hors service une à trois semaines.

Ce qui fait baisser le prix d’une rénovation de salle de bain

La TVA à 10 % couvre la main-d’œuvre et les matériaux facturés par l’entreprise, dans un logement achevé depuis plus de deux ans. Acheter soi-même la faïence en magasin, conseil qu’on lit partout, la fait payer 20 %, et l’écart de dix points avale souvent la remise obtenue sur le carreau. Le mobilier, lui, garde le taux normal, meuble sous vasque compris. Voir deux taux cohabiter sur une facture est bon signe.

Quand la rénovation vise le maintien à domicile, remplacer une baignoire par une douche de plain-pied entre dans le champ de MaPrimeAdapt’, versée par l’Anah. Elle finance 50 ou 70 % du montant selon les ressources, plafond 22 000 € hors taxes, travaux annexes compris. Le dossier se dépose avant la signature.

Reste l’arbitrage gratuit : garder la douche, les WC et la vasque contre les murs où ils sont déjà. Un plan qui pivote d’un quart de tour parce qu’il semblait plus logique sur le papier se paie deux mille euros de tuyauterie.