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Combien ça coûte

Prix d'une réfection de toiture : ce qui double la note

Une réfection de toiture se facture 70 à 200 € du mètre carré, dépose comprise. Le tarif par matériau, le poste charpente qui fait exploser le devis, et les lignes à exiger avant de signer.

  • 7 min de lecture
Un pan de toiture en tuiles mécaniques partiellement déposé, liteaux et écran de sous-toiture apparents

Refaire une toiture coûte 70 à 200 € du mètre carré de couverture, dépose de l’ancienne et évacuation comprises. Le cas courant, une maison des années 1970 en tuiles mécaniques dont la charpente tient bon, se règle entre 110 et 150 €.

Les deux bouts de la fourchette ne recouvrent pas le même chantier. Une couverture dont les tuiles se réemploient se dépose et se repose pour 40 à 80 € du mètre carré. Un toit d’ardoise naturelle avec reprise de charpente et isolation par-dessus dépasse 300 €.

Ce qu’on fait poserPrix au m² de toiture, dépose comprise
Dépose, tri et repose des tuiles existantes40 à 80 €
Tuile béton70 à 120 €
Bac acier70 à 150 €
Tuile mécanique ou canal en terre cuite80 à 140 €
Ardoise fibro-ciment80 à 140 €
Tuile plate90 à 170 €
Ardoise naturelle120 à 200 €
Zinc à joint debout130 à 250 €
Étanchéité d’une toiture-terrasse100 à 200 €

Le métré se prend dans la pente

C’est l’erreur qui fausse presque tous les calculs faits à la maison. Un couvreur compte des mètres carrés de rampant, mesurés dans la pente, débords de toit inclus. L’emprise au sol se multiplie donc par un coefficient : 1,12 pour une pente douce de 25 degrés, 1,22 vers 35 degrés, 1,41 à 45 degrés.

Un pavillon de 90 m² au sol, débords compris, couvert à deux pans avec une pente courante, porte 110 m² de couverture. En tuile terre cuite à 110 € du mètre carré, la facture ressort à 12 100 €, et non aux 9 900 € qu’on avait calculés sur la surface habitable.

Estimer la surface et la note

110 m² de couverture, soit 8 800 à 15 400 €.

Charpente saine, sans isolation ni désamiantage.

Trois postes qui font sortir de la fourchette

La charpente. Tant qu’elle est saine, elle ne coûte rien. Dès qu’un chevron est vermoulu ou qu’une panne a travaillé, comptez 200 à 900 € par pièce remplacée, et 70 à 150 € du mètre carré si la reprise s’étend. Aucun couvreur ne peut chiffrer ce poste avant d’avoir déposé la couverture : un devis qui l’annonce à l’euro près sans être monté sur le toit annonce un chiffre en l’air.

L’amiante. Les plaques ondulées et les ardoises en fibro-ciment posées avant le milieu des années 1990 en contiennent presque toujours. Leur retrait par une entreprise habilitée coûte 35 à 65 € du mètre carré, nouvelle couverture non comprise, plus l’élimination des déchets en filière spécialisée. Sur une réfection ordinaire, ce poste ajoute à lui seul un tiers à la moitié de la note.

L’isolation par le dessus. Poser un isolant en sarking pendant que la couverture est déposée ajoute 40 à 100 € du mètre carré. Le moment est le bon, puisque l’échafaudage et la dépose sont déjà payés, mais l’écart de prix reste réel et il faut le voir venir.

Ce que le devis doit comprendre

À prix affiché égal, deux couvreurs peuvent vendre deux chantiers différents. Ce sont ces lignes qui les séparent, et une entreprise sérieuse les détaille sans qu’on insiste. Le devis d’un artisan du bâtiment doit porter des mentions obligatoires, dont le taux horaire de main-d’œuvre et le décompte de chaque prestation en quantité et en prix.

  • le métré retenu, en mètres carrés de rampant, avec la pente utilisée ;
  • la dépose et l’évacuation, chiffrées à part : 20 à 30 € du mètre carré avec la benne ;
  • le sort des tuiles récupérables : triées et reposées, ou vendues par l’entreprise ;
  • l’écran de sous-toiture et les liteaux neufs, 5 à 20 € du mètre carré ;
  • la zinguerie : faîtage, rives, noues, solins de cheminée, gouttières ;
  • l’échafaudage, avec un montant, jamais la mention « inclus » seule ;
  • l’attestation d’assurance décennale en cours de validité, et la mention RGE si une aide est demandée.

Les frais qu’on découvre en cours de chantier

L’échafaudage se loue à la journée, 10 à 15 € du mètre carré monté, et il reste en place tant que le chantier dure. Trois semaines de pluie coûtent trois semaines d’échafaudage.

Le reste se chiffre à la ligne : remplacement des gouttières, 30 à 60 € le mètre linéaire ; reprise d’un solin de cheminée, 200 à 600 € ; pose d’une fenêtre de toit, 800 à 1 800 € l’unité ; raccordement d’un conduit non conforme, quelques centaines d’euros de plus.

Côté mairie, une réfection à l’identique est dispensée de formalité par l’article R421-17 du code de l’urbanisme. Changer de teinte ou de matériau impose une déclaration préalable de travaux, et les abords d’un monument historique la rendent obligatoire même sans changement.

Quatre façons de payer moins

Trier les tuiles au lieu de tout jeter. Une terre cuite saine se repose telle quelle, avec un complément de 10 à 20 % de tuiles neuves de récupération. L’économie atteint la moitié du poste couverture, et beaucoup d’entreprises ne le proposent pas d’office parce que le tri prend du temps sur le chantier.

Vérifier le taux de TVA. Une réfection sur un logement de plus de deux ans relève de 10 % au lieu de 20 %. La part isolation descend à 5,5 % si l’artisan est certifié RGE : voir les deux taux cohabiter sur un devis est bon signe.

Demander l’aide avant de signer. MaPrimeRénov’ finance l’isolation des rampants à hauteur de 15 à 25 € du mètre carré selon les revenus, sur un logement d’au moins quinze ans. Le dossier doit être accepté avant le début des travaux, sinon rien n’est versé. La prime des certificats d’économie d’énergie se cumule.

Éviter l’urgence. Après un coup de vent, les couvreurs d’un département entier sont sollicités le même jour et les prix montent. Une bâche posée en attendant coûte moins cher qu’un chantier commandé dans la panique.

Questions fréquentes

Faut-il refaire la charpente en même temps ? Seulement si elle est atteinte. Un traitement préventif contre les insectes xylophages se pulvérise pendant que la couverture est ouverte, pour quelques centaines d’euros, et évite une reprise dix fois plus chère.

L’assurance prend-elle en charge ? Une toiture usée, non : c’est de l’entretien. Une toiture arrachée par une tempête, oui, au titre de la garantie tempête, avec vétusté déduite. Le constat doit être fait vite et photographié avant toute bâche.