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Combien ça coûte

Prix d'un ravalement de façade : ce qui change du simple au triple

Un ravalement se facture de 20 à 250 € du mètre carré. Ce qui explique l'écart, ce que le devis doit contenir, et les postes sur lesquels on peut réellement discuter.

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  • 5 min de lecture
Un échafaudage tubulaire dressé contre une façade en crépi

Un ravalement se facture entre 20 et 250 € du mètre carré de façade. L’écart paraît absurde, il ne l’est pas : il sépare un nettoyage haute pression d’une façade isolée par l’extérieur, deux chantiers qui n’ont en commun que l’échafaudage.

Le plus courant, sur une maison des années 1970 dont le crépi s’écaille, tourne autour de 60 à 90 € du mètre carré.

Ce qu’on fait fairePrix au m² de façade
Nettoyage seul, haute pression ou gommage20 à 40 €
Nettoyage puis mise en peinture30 à 60 €
Réparation des fissures et enduit neuf60 à 90 €
Bardage bois ou composite90 à 160 €
Isolation par l’extérieur, enduit compris120 à 250 €

La surface à retenir est celle des murs, ouvertures déduites au-delà de 2 m². Pour un pavillon de plain-pied de 100 m² habitables, comptez 130 à 150 m² de façade. À 75 € du mètre carré, la facture atteint donc 10 000 €.

Les trois choses qui font vraiment bouger le prix

L’état du support avant tout. Une façade saine se nettoie et se repeint. Une façade fissurée demande un piochage, un rebouchage, parfois une reprise d’enduit sur toute la hauteur, et ce poste seul peut doubler la note. C’est aussi le seul point qu’un devis établi sans visite ne peut pas chiffrer honnêtement.

La hauteur, à cause de l’échafaudage. Il se loue 5 à 15 € du mètre carré, montage et démontage compris, et il se facture au temps passé sur place. Un chantier qui traîne trois semaines de plus à cause de la pluie coûte trois semaines d’échafaudage de plus.

L’accès. Une maison de bourg dont la façade donne sur une rue étroite impose une autorisation d’occupation du domaine public, un balisage, parfois un travail de nuit. Une façade en fond de jardin, accessible par un portillon d’un mètre, se monte à la main.

Ce que le devis doit contenir

Deux entreprises annoncent 65 € du mètre carré et ne vendent pas la même chose. La différence se lit dans ces lignes, et si elles manquent, il faut les demander avant de signer. Un devis écrit est d’ailleurs obligatoire sur ce type de chantier : une entreprise qui n’en fournit pas est déjà hors des clous.

  • la surface retenue, avec le détail du calcul et les déductions d’ouvertures ;
  • l’échafaudage, chiffré à part et non « inclus » sans montant ;
  • le traitement du support : lavage, décapage, traitement anti-mousse, rebouchage des fissures ;
  • le produit posé, avec sa marque et le nombre de couches. « Peinture façade » ne veut rien dire, une pliolite et une pure siloxane ne tiennent pas le même nombre d’années ;
  • la protection des menuiseries, des seuils et des plantations ;
  • l’évacuation des déchets et la remise en état du terrain.

Ce qui s’ajoute et qu’on n’avait pas prévu

La déclaration préalable de travaux est gratuite mais obligatoire dès qu’on change la teinte, et le refus arrive quand la commune impose une palette. Comptez un mois d’instruction.

Le reste se chiffre :

  • reprise des descentes d’eau pluviale : 40 à 90 € le mètre linéaire ;
  • remplacement des appuis de fenêtre abîmés : 150 à 400 € pièce ;
  • traitement d’un salpêtre en pied de mur : 60 à 120 € du mètre carré ;
  • occupation du domaine public : de 2 à 15 € par jour et par mètre carré selon la commune, ce qui sur six semaines finit par compter.

Où l’on peut payer moins

Grouper avec les voisins. C’est le levier le plus efficace et personne ne l’utilise. Trois maisons mitoyennes ravalées à la suite partagent l’échafaudage et le déplacement, et l’artisan chiffre en général 15 à 20 % de moins par maison.

Faire poser hors saison. Les façadiers sont pris de mai à septembre. Une commande passée en novembre pour un chantier de mars se négocie mieux qu’une commande passée en avril pour juin.

Séparer le nettoyage du reste. Un nettoyage haute pression se fait soi-même avec une machine louée 60 € la journée. Le gain est réel sur un pignon accessible, nul sur une façade de trois niveaux.

Vérifier le taux de TVA. Sur un logement achevé depuis plus de deux ans, un ravalement d’entretien relève du taux réduit à 10 % au lieu de 20 %. C’est l’entreprise qui l’applique, et c’est 1 000 € d’écart sur un chantier à 10 000 €. Un devis à 20 % sur une maison ancienne mérite une question.

Vérifier si la commune subventionne. Beaucoup d’entre elles aident le ravalement en centre ancien, souvent à hauteur de 20 à 30 % du montant, parfois plafonné. C’est le service urbanisme qui le sait, et l’information ne circule pas.

Attention au raisonnement inverse : l’isolation par l’extérieur ouvre droit à des aides substantielles, mais elle coûte deux à trois fois le prix d’un ravalement simple. L’aide ne comble jamais l’écart. Elle se justifie si l’on voulait isoler de toute façon, pas parce qu’elle existe.

Questions fréquentes

Un ravalement est-il obligatoire ? Dans certaines communes, oui, tous les dix ans, et la mairie peut mettre en demeure. La liste est courte et concerne surtout les centres urbains. Ailleurs, rien ne l’impose.

Combien de temps ça tient ? Une peinture de façade, huit à douze ans. Un enduit correctement posé, vingt à trente ans. Un bardage, davantage encore, avec un entretien du bois tous les cinq ans s’il n’est pas traité en autoclave.

Peut-on ravaler soi-même ? La peinture d’un rez-de-chaussée, oui. Au-delà d’un niveau, le coût de l’échafaudage et la longueur du chantier effacent l’économie de main-d’œuvre, et le travail en hauteur sans habitude est ce qui envoie le plus de particuliers à l’hôpital chaque année.