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Combien ça coûte

Prix pour partir travailler à Dubaï : tout part du loyer annuel

Compter 7 000 à 35 000 € pour s'installer à Dubaï, hors billet. Presque chaque poste se calcule en pourcentage du loyer annuel, et le nombre de chèques du bail décide de ce qu'on sort le premier jour.

  • 7 min de lecture
Un carton de déménagement fermé et un trousseau de clés sur le carrelage d'un appartement vide

Partir travailler à Dubaï coûte 7 000 à 35 000 € avant le premier salaire, billet d’avion non compris. Le train de vie n’explique presque rien de cet écart : il tient au loyer du logement qu’on signe et au nombre de chèques que le propriétaire accepte pour l’étaler.

Presque chaque poste d’une installation émirienne se calcule en pourcentage de ce loyer annuel. Dépôt de garantie, commission d’agence et taxe municipale valent 5 % chacun, et le premier versement de loyer pèse à lui seul entre un quart et la totalité de l’année. Le ticket d’entrée revient à 0,65 fois le loyer annuel quand le bail se paie en quatre chèques. À 1,4 fois quand le propriétaire n’en accepte qu’un.

Poste d’installationCe qu’il coûte, en dirhamsCe qui le fixe
Premier versement de loyer25 à 100 % du loyer annuelle nombre de chèques
Dépôt de garantie du logement5 % du loyer annuel, 10 % si meubléremboursable à la sortie
Commission de l’agence5 % du loyer annuell’état du marché locatif
Enregistrement Ejari du bail220tarif fixe
Dépôt eau et électricité2 000 en appartement, 4 000 en villaremboursable à la clôture
Activation eau et électricité130 à 160tarif fixe
Assurance santé, la première année2 000 à 6 000l’âge, la maternité, le dentaire
Permis d’indépendant et visa, deux ans0 à 20 000qui sponsorise
Meubler un deux-pièces vide15 000 à 25 000le neuf ou l’occasion

Ces montants s’écrivent en dirhams parce qu’ils y restent. Le dirham est arrimé au dollar à parité fixe : un budget tenu en euros bouge au gré de l’euro-dollar alors que la facture émirienne n’a pas bougé d’un fils. On compte en dirhams, avec quatre pour un euro comme repère grossier.

Trois prélèvements de 5 % accrochés au loyer annuel

Ils ne tombent pas au même moment, et c’est ce qui trompe. Le dépôt de garantie se verse à la signature, 5 % pour un logement nu, 10 % pour un meublé, et il revient à la sortie si l’état des lieux le permet. La commission de l’agence se verse aussi à la signature. Celle-là ne revient jamais. La taxe municipale, elle, s’étale par douzièmes sur la facture d’eau et d’électricité, ce qui explique qu’un locataire d’un logement à 100 000 dirhams voie tomber 417 dirhams de plus chaque mois sans comprendre d’où ça sort.

Un bail à 60 000 dirhams et un bail à 120 000 dirhams n’ouvrent pas le même dossier. Le second coûte 6 000 dirhams de plus rien qu’en dépôt et en commission, avant la première ampoule.

Le nombre de chèques décide de ce qu’on sort le jour de la signature

Le loyer ne se paie pas au mois. Le bail se règle en un à quatre chèques postdatés pour l’année, parfois six chez un bailleur institutionnel, et ce nombre se négocie autant que le montant. Un propriétaire qui accepte quatre chèques accepte un risque, et il le facture : le même logement part couramment 3 à 5 % moins cher en un seul chèque qu’en quatre.

C’est le seul arbitrage de l’installation où payer moins cher coûte plus cher tout de suite. Sur un loyer de 80 000 dirhams, le chèque unique fait sortir 80 000 dirhams le jour de la signature contre 20 000 en quatre fois, pour une économie annuelle de 2 400 à 4 000 dirhams. Avec de la trésorerie, on prend le chèque unique. Sans, on paie la différence.

Le visa coûte zéro ou plusieurs milliers d’euros, selon qui le porte

Un salarié embauché par une entreprise émirienne ne paie rien. Le visa de résidence, la visite médicale, l’Emirates ID et l’assurance santé sont à la charge du sponsor, c’est-à-dire de l’employeur. Le contrat le dit noir sur blanc, et un contrat qui ne le dit pas mérite une question avant signature.

Un indépendant se sponsorise lui-même, et le poste passe au deuxième rang de son installation. Un permis freelance ou une licence en zone franche revient à 12 000 à 20 000 dirhams tout compris pour deux ans, visite médicale, Emirates ID et frais de tamponnage inclus. Le permis se renouvelle chaque année, le visa tous les deux ans : la deuxième année ne coûte que le permis, à peu près la moitié.

L’assurance santé ne se repousse pas. Elle conditionne la délivrance du titre de séjour. Sans attestation, pas de visa.

Ce qu’un forfait de relocation ne comprend jamais

Les agences d’installation vendent la recherche de logement, l’enregistrement Ejari du bail, l’ouverture du compte d’eau et d’électricité, parfois l’échange du permis de conduire. Ce qu’elles laissent dehors se répartit toujours pareil. Le dépôt de garantie et la commission d’agence restent à votre charge, l’assurance santé aussi, le mobilier encore plus.

Le mobilier ne figure sur aucun devis, et personne ne l’annonce. Un appartement se loue vide aux Émirats, vide au sens propre : ni électroménager, ni luminaires, ni parfois placards. Meubler un deux-pièces sans rien de sur-mesure demande 15 000 à 25 000 dirhams, souvent moins que de faire venir ses affaires par un déménagement au volume.

Restent les petites lignes qu’on découvre en route, les 220 dirhams de l’Ejari, les 2 000 dirhams immobilisés chez le distributeur d’eau et d’électricité. Les conditions d’entrée et de séjour, elles, se lisent sur la fiche des Émirats du ministère des Affaires étrangères avant de réserver quoi que ce soit.

Où l’on peut payer moins

Le mobilier d’occasion est le levier le plus rentable, et une ville d’expatriés en remet en vente sans arrêt. Un départ vend son intérieur d’un bloc, et un salon complet à moitié prix n’a rien d’exceptionnel.

Le moment compte aussi. Les baux se libèrent surtout à la fin de l’été scolaire ; signer en dehors de cette fenêtre donne du poids dans la négociation, sur le loyer comme sur le nombre de chèques.

Le dépôt de garantie et celui du distributeur d’eau ne sont pas des dépenses mais des immobilisations. Ils reviennent, l’un à l’état des lieux de sortie, l’autre à la clôture du compte. Les compter comme perdus fausse le budget de plusieurs milliers de dirhams.

Reste un levier qui ne touche à aucune dépense. Beaucoup de ceux qui s’installent continuent de facturer des clients français ou européens, et ce qu’ils encaissent dépend du statut sous lequel ils facturent : une structure en zone franche et un bulletin de salaire français en portage ne laissent pas le même net pour un montant facturé identique. Connaître ce net avant de signer un bail change la taille du logement qu’on vise, et le calcul est ici.