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Combien ça coûte

Combien coûtent les frais bancaires par an

Les frais bancaires vont de 0 à 90 € par an sans incident, 250 à 400 € dès que le compte part en négatif. Le détail poste par poste, les plafonds légaux, ce qui se négocie.

  • 7 min de lecture
Un porte-cartes en cuir usé, entrouvert sur un comptoir de bois

Les frais bancaires reviennent à 45 à 90 € par an dans une banque de réseau pour quelqu’un dont le compte reste dans le vert, et souvent à rien du tout dans une banque en ligne. La même personne paie 250 à 400 € dès que son solde part en négatif deux ou trois fois par mois.

Deux lignes portent presque tout : la tenue de compte et la carte. Le reste dépend de ce que vous faites du compte.

Ce que vous faites de votre compteBanque de réseau (€ / an)Banque en ligne (€ / an)Néobanque (€ / an)
Rien de particulier : carte, virements par internet, prélèvements45 à 900 à 300 à 40
Deux ou trois découverts par mois en plus250 à 40060 à 2000 à 40, mais le paiement est refusé
Deux séjours par an hors zone euro en plus140 à 1900 à 450 à 60

Les néobanques n’accordent pas de découvert : au lieu d’une commission, le paiement est refusé. C’est moins cher et beaucoup plus gênant à la caisse.

Le socle : une carte, un compte et rien d’autre

Les frais de tenue de compte tournent autour de 22 € par an, d’après les relevés de l’Observatoire des tarifs bancaires. La quasi-totalité des établissements qui les facturent se tient entre 12 et 30 € ; deux caisses régionales montent à 74 €. Une dizaine de banques ne les facturent pas, dont presque toutes celles qui n’ont pas d’agence.

La carte pèse plus lourd. Une carte internationale, à débit immédiat comme à débit différé, revient à 45 € par an en moyenne : les deux tarifs ont fini par se rejoindre. Une carte à autorisation systématique, celle qui vérifie le solde à chaque paiement, coûte un tiers de moins, autour de 31 €.

Le reste ne coûte à peu près rien. L’accès à l’application et au site est gratuit dans 95 établissements sur 100. Les virements SEPA passés depuis internet sont gratuits, les prélèvements aussi, partout et sans exception.

Le découvert coûte plus cher que le compte

À chaque paiement qui passe alors que le compte est dans le rouge, la banque prélève une commission d’intervention. Elle vaut 7,30 € en moyenne. La loi la plafonne à 8 € par opération et 80 € par mois.

Trois par mois, ce qui n’a rien d’extraordinaire, font 260 € sur l’année. Soit trois à cinq fois le socle.

S’y ajoutent les agios, calculés sur le montant et la durée du découvert, puis les frais de rejet quand le paiement ne passe pas du tout : 30 € au maximum pour un chèque de 50 € ou moins, 50 € au-delà, 20 € pour un prélèvement ou un virement rejeté. Ces derniers ne peuvent jamais dépasser le montant de l’ordre lui-même.

Le plafond mensuel n’est pas un forfait. Douze incidents à 8 € feraient 96 € ; la banque n’a le droit d’en encaisser que 80.

Ce que vos découverts coûtent sur une année

Hors zone euro, tout se compte en pourcentage

Deux prélèvements se superposent. Le réseau de la carte applique des frais de conversion, moins d’un demi pour cent, pris sur l’écart entre son taux de change et celui de la Banque centrale. La banque, elle, facture 1 à 3 % du montant, et deux établissements sur trois y ajoutent une part fixe de 0,20 à 2,20 €.

Comptez 2,50 € pour 100 € payés par carte ; la moitié des banques facturent entre 2 et 3 €. Retirer ces mêmes 100 € à un distributeur revient à 5,35 €. Sept banques sur dix restent entre 5 et 7 €. Le distributeur étranger prélève parfois sa propre commission par-dessus.

Un séjour à 1 200 € de paiements et 300 € de retraits revient donc à 46 €. Deux séjours par an dépassent le prix du compte.

Quand le terminal propose de payer en euros, refuser. Ce change-là passe par un opérateur tiers dont le taux est toujours moins bon que celui de la carte.

Le package coûte plus cher que la somme de ses lignes

Plus d’un client sur deux détient une offre groupée de services, ce paquet mensuel qui réunit la carte, la tenue de compte, l’assurance des moyens de paiement, les alertes par SMS et deux ou trois garanties dont on ignore l’existence.

L’association CLCV a refait le calcul en achetant les mêmes services séparément. Pour un profil moyen, le package revient environ 64 % plus cher ; pour un gros utilisateur, 41 % plus cher. Il n’est réellement avantageux que dans quatre cas sur dix.

C’est le seul poste à trois chiffres qu’on résilie en une phrase.

Les frais bancaires qu’on ne voit pas venir

Ce qui se facture à côtéPrix courantCe qui l’évite
Alertes SMS sur le solde17 € / an au forfaitla notification de l’application, gratuite
Virement occasionnel au guichet5 €le même virement depuis internet, gratuit
Retrait au distributeur d’une autre banque1 € à partir du quatrième du moisgrouper ses retraits
Compte inactif douze moisjusqu’à 30 € / an, plafond légalfermer le compte dormant

Douze mois sans opération ni contact suffisent : un vieux livret de jeunesse se vide tout seul, puis part à la Caisse des dépôts.

Où payer moins de frais bancaires

Ouvrir le récapitulatif annuel de frais. Chaque banque le publie en janvier, dans l’espace client ou par courrier : un total, poste par poste, sur douze mois. Presque personne ne le lit.

Descendre en gamme de carte. Si vous n’utilisez ni le découvert ni les assurances de voyage, la carte à autorisation systématique fait économiser une quinzaine d’euros par an et supprime mécaniquement les commissions d’intervention : aucun paiement ne passe sans provision.

Demander le plafonnement réservé à la clientèle fragile si vous en remplissez les critères. Il ramène l’ensemble des frais d’incidents à 25 € par mois. L’offre spécifique qui va avec coûte 12 € par an ou moins chez presque tous les établissements, commissions d’intervention à 4 € l’unité et 20 € par mois. La banque doit l’appliquer d’office ; en pratique, il faut la relancer. Les critères sont publiés par la Banque de France.

Écrire au service client après un incident isolé. Un rejet unique dans un dossier propre se rembourse souvent au premier courrier. Le geste est commercial, jamais dû : il se demande poliment et se répète mal.

Questions fréquentes

Une banque peut-elle refuser de m’ouvrir un compte ? Elle peut, et elle n’a pas à se justifier. Le refus écrit ouvre la procédure de droit au compte : la Banque de France désigne alors un établissement, qui doit fournir gratuitement les services de base, carte à autorisation systématique comprise.

Changer de banque coûte-t-il quelque chose ? Non. Le nouvel établissement se charge gratuitement de déplacer les prélèvements et les virements récurrents, dans un délai encadré. Seuls les transferts de certains produits d’épargne restent facturés.