Une pompe à chaleur coûte de 1 500 € pour un mono-split air-air posé dans un salon à 40 000 € pour une géothermie sur forage vertical. Le cas courant, une air-eau qui remplace une chaudière dans un pavillon, se règle entre 8 000 et 18 000 € pose comprise.
| Machine | Ce qu’elle chauffe | Prix posé | € / m² chauffé |
|---|---|---|---|
| Air-air, mono-split | une pièce | 1 500 à 3 500 € | selon la pièce |
| Air-air, multi-split | 3 à 5 pièces | 5 000 à 10 000 € | 60 à 100 € |
| Air-eau | radiateurs ou plancher | 8 000 à 18 000 € | 90 à 160 € |
| Géothermie, capteurs enterrés | tout le logement | 16 000 à 25 000 € | 90 à 160 € |
| Géothermie, forage vertical | tout le logement | 20 000 à 40 000 € | 130 à 200 € |
La pose seule, sur une air-eau, pèse 1 500 à 3 000 € dans ce total.
La puissance se calcule, et c’est elle qui fixe le prix
Le prix suit la puissance, pas la surface. En air-eau, comptez de l’ordre de 1 200 à 1 800 € par kilowatt installé, pose comprise. Sans ce ratio, un devis à 8 kW et un devis à 12 kW sur la même maison ne se comparent pas.
Cette puissance sort d’un calcul de déperditions. On multiplie le volume chauffé par un coefficient d’isolation, de 0,6 pour une construction récente jusqu’à 2 pour une bâtisse ancienne, puis par l’écart entre la température voulue et la température de base de la commune. La norme NF EN 12831 encadre l’exercice, et un installateur sérieux vous montre la feuille.
Deux kilowatts de trop, ce sont 3 000 € payés pour rien, et une machine qui passe son temps à démarrer puis à s’éteindre au lieu de tourner en régime lent. Le compresseur s’use, la facture monte. On dimensionne entre 80 et 100 % des déperditions, jamais au-dessus.
Vos radiateurs pèsent autant que la machine
Une pompe à chaleur produit de l’eau tiède. Un plancher chauffant s’en contente à 35 °C ; des radiateurs en fonte dessinés pour une chaudière en réclament 60 à 65.
Chaque degré gagné sur cette température de départ vaut 2 à 3 % de consommation en moins. D’où deux devis très éloignés pour la même maison. La machine dite haute température coûte 15 à 30 % de plus et rend moins ; remplacer six radiateurs par des modèles basse température ajoute 2 000 à 4 000 € au chantier, et allège chaque hiver qui suit.
L’installateur qui ne pose aucune question sur vos émetteurs n’a rien calculé.
Ce qu’elle coûte une fois qu’elle tourne
Une air-eau correctement dimensionnée consomme 30 à 50 kWh d’électricité par mètre carré et par an pour le chauffage. Sur 100 m², cela fait 3 000 à 5 000 kWh : multipliez par le prix du kilowattheure de votre contrat, vous avez la facture.
Ce ratio dépend du SCOP, le rendement moyen sur toute la saison, et non du COP mesuré en laboratoire à sept degrés extérieurs. Une bonne air-eau tient 3,5 à 4. La géothermie dépasse 4,5, parce qu’elle puise dans un sol à température stable plutôt que dans l’air de janvier.
L’entretien n’est pas facultatif. La réglementation impose une visite par un professionnel tous les deux ans pour toute machine de 4 à 70 kW, ce qui couvre toutes les installations de maison. Comptez 150 à 250 € la visite ponctuelle, ou 300 à 500 € l’an pour un contrat qui inclut le dépannage et le déplacement.
Ce que le devis doit porter
- la puissance en kilowatts, et le calcul de déperditions qui l’a fixée ;
- la température de départ retenue, avec l’état des émetteurs existants ;
- le SCOP du modèle, sa référence exacte à l’appui, pas la seule marque ;
- le sort de l’eau chaude sanitaire : ballon intégré, ballon séparé, ou rien ;
- la dépose et l’évacuation de l’ancien équipement, nommées ligne à ligne ;
- le prix avant déduction des aides. Un devis qui n’affiche que le reste à charge ne se compare à aucun autre, ce qui arrange celui qui l’a établi ;
- la qualification RGE de l’entreprise, et sur une pompe à chaleur la mention QualiPAC, sans laquelle aucune aide n’est versée. Le numéro de qualification se vérifie en ligne, et il expire.
Les frais qu’on n’avait pas vus venir
La cuve à fioul. Entre 500 et 1 500 € pour la dégazer, la neutraliser au sable ou l’extraire. Une cuve enterrée coûte le haut de la fourchette.
Le bruit. L’unité extérieure ne doit pas dépasser 5 dB d’émergence le jour et 3 dB la nuit en limite de propriété. Des plots antivibratiles coûtent 50 à 150 €, un écran acoustique 150 à 500 €, un caisson d’encoffrement 500 à 2 000 €. La question se pose après la première nuit de gel, quand le dégivrage réveille le voisin.
Le tableau électrique. Ligne dédiée, disjoncteur adapté, parfois une puissance souscrite à revoir.
Le forage. Au-delà de dix mètres de profondeur, il demande une déclaration préalable au titre du code minier. Le foreur s’en charge, et il la facture.
Où l’on peut payer moins
Le type de machine change tout côté aides. Air-eau et géothermie ouvrent MaPrimeRénov’, l’éco-prêt à taux zéro et la TVA à 5,5 %. L’air-air seule n’ouvre ni la prime ni le prêt et reste à 10 % de TVA ; elle garde la prime des certificats d’économies d’énergie, à condition d’un rendement saisonnier élevé.
Le montant dépend des revenus, répartis en quatre tranches. Un ménage modeste voit couramment la moitié d’une installation air-eau prise en charge, aides cumulées. Un ménage du haut du barème, plutôt un dixième. Le dispositif MaPrimeRénov’ fixe les plafonds de ressources et les taux.
Sortir du fioul ou du charbon augmente la prime. Remplacer une pompe à chaleur par une autre ne donne droit à presque rien.
Signer hors saison. Un installateur en mars n’a pas le carnet de commandes qu’il aura en octobre, et il le sait.
Questions fréquentes
Au bout de combien de temps est-ce rentable ? Face au fioul ou aux convecteurs électriques, six à dix ans une fois les aides déduites. Face à une chaudière gaz à condensation en bon état, souvent au-delà de la durée de vie de la machine, qui tient quinze à vingt ans.
Faut-il garder l’ancienne chaudière ? En relève, elle rend service : la pompe à chaleur assure le gros de la saison, la chaudière prend les quelques jours les plus froids. On installe alors une machine moins puissante, donc moins chère. Mais certaines primes exigent la dépose du générateur fossile pour être versées, et l’arbitrage se fait avant la signature.