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Combien ça coûte

Prix d’une école de commerce : ce qui creuse l’écart

Une année en école de commerce se paie 8 000 à 25 000 €, et la scolarité ne fait que la moitié de la note. Ce que le tarif comprend, ce que le concours coûte avant l’admission, et les deux leviers qui font vraiment tomber la facture.

  • 7 min de lecture
Un amphithéâtre vide avec ses tablettes rabattables en bois

Une année en école de commerce se paie entre 8 000 et 25 000 €. Le cas courant, en programme grande école, tourne autour de 16 000 € l’année, soit près de 50 000 € pour les trois ans qui suivent la prépa.

L’écart va du simple au triple, et il ne paie pas trois fois plus d’heures de cours. Il paie une marque et le carnet d’adresses qui va avec.

Programme € / anCursus complet
Programme grande école, établissement sous tutelle publique9 000 à 11 000 €27 000 à 33 000 €
Programme grande école, école régionale12 000 à 17 000 €36 000 à 51 000 €
Programme grande école, haut de classement20 000 à 25 000 €60 000 à 75 000 €
Bachelor ou BBA, offre courante7 500 à 14 000 €22 500 à 42 000 €
Bachelor ou BBA, haut de classement22 000 à 28 000 €66 000 à 84 000 €

Les cursus complets valent pour trois années. Un programme grande école intégré après le bac en dure cinq : comptez deux années de plus au même tarif annuel, pour le même diplôme au bout.

Ce que votre cursus vous coûtera

Ce qui place une école en haut ou en bas du tableau

Le rang pèse plus que tout le reste. Les cinq premières écoles françaises facturent deux fois et demie le tarif d’un établissement sous tutelle publique, pour des maquettes de cours qui se ressemblent beaucoup.

Le statut fait le deuxième écart. Adossée à un opérateur public ou à une chambre de commerce, une école reste autour de 9 000 à 11 000 € l’année. En société commerciale, sans subvention derrière elle, elle monte.

Vient le point d’entrée, celui qu’on sous-estime le plus. La classe préparatoire est publique, donc quasiment gratuite, quand les deux premières années d’un cursus intégré après le bac se facturent plein tarif. Pour le même diplôme au bout, l’écart atteint 20 000 à 30 000 €.

Reste l’international. Un semestre en échange se paie le plus souvent au tarif de l’école d’origine, donc sans surcoût. Un double diplôme, non. Comptez plusieurs milliers d’euros de frais additionnels, jusqu’à 4 500 € dans certaines écoles.

La scolarité ne fait que la moitié de la note

Vivre coûte 1 070 € par mois dans une ville de province et 1 630 € à Paris. Sur dix mois et cinq années, cela représente 53 000 à 81 000 € : autant, voire davantage, que la scolarité elle-même. Le loyer explique presque tout l’écart, avec un studio parisien à 950 € contre 560 € de moyenne ailleurs.

S’y ajoutent des lignes obligatoires ou presque. La contribution de vie étudiante se paie 105 € par an. Les cotisations au bureau des élèves et aux associations vont de quelques dizaines à plusieurs centaines d’euros selon les écoles.

Un semestre hors d’Europe se prépare avec un budget à part : environ 450 € de visa pour les États-Unis, 500 à 1 000 € de billets, 20 à 40 € par mois d’assurance santé, et deux loyers en parallèle pendant plusieurs semaines.

Le concours se paie avant l’admission

Un candidat de prépa paie avant même de savoir s’il entrera quelque part. La banque commune d’épreuves facture 150 € de frais de dossier, puis 50 à 190 € par école présentée. Ecricome demande 320 € pour ses cinq écoles d’un bloc.

Cocher large fait donc franchir les 2 200 €. Les boursiers, eux, ne paient rien à la première banque et 30 € à la seconde. Beaucoup de familles le découvrent trop tard pour avoir déposé un dossier de bourse dans les délais.

Ce que le tarif comprend, et ce qu’il ne comprend pas

L’expression « école de commerce » n’est protégée par personne. Deux établissements peuvent afficher 14 000 € l’année et ne pas délivrer le même papier.

Trois mentions se vérifient avant de signer : le diplôme est-il visé par le ministère, porte-t-il le grade de master, et l’école figure-t-elle sur la liste des membres de la Conférence des grandes écoles ? Un titre inscrit au répertoire professionnel n’est pas un diplôme visé, et cette nuance vaut plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Se facturent souvent en plus : les frais de dossier à l’inscription, le matériel informatique imposé, la cotisation à l’association des anciens, et l’année de césure. Cette dernière varie du tout au rien selon les écoles, de la gratuité à 2 000 € pour le simple maintien du statut étudiant.

L’alternance renverse le calcul

Un contrat d’apprentissage fait tomber la scolarité à zéro. L’opérateur de compétences de l’entreprise verse à l’école le montant fixé par France compétences pour ce diplôme, et l’étudiant ne règle plus que les frais annexes.

Le salaire s’y ajoute. Pour un alternant de 21 à 25 ans, le minimum légal est de 53 % du Smic la première année du contrat, 61 % la deuxième et 78 % la troisième. Deux années d’alternance en fin de programme grande école transforment donc 30 000 € à débourser en à peu près autant d’encaissé. L’écart approche 60 000 € sur deux ans.

Deux réserves. L’alternance s’ouvre rarement avant la troisième année, ce qui laisse le début du cursus à payer, et le rythme entreprise-école ferme la porte aux échanges internationaux longs.

Où la facture tombe vraiment

L’échelon de bourse. Plusieurs écoles du haut de classement exonèrent totalement leurs boursiers à partir d’un certain échelon, et modulent de 5 à 50 % en dessous. Un boursier d’échelon élevé paie donc parfois moins dans l’école la plus chère du classement que dans une école de milieu de tableau. Tout se joue sur le dossier social étudiant, qui se dépose au printemps précédant la rentrée et conditionne la bourse sur critères sociaux.

La modulation par quotient familial. Une poignée d’écoles découpent leur tarif en tranches de revenu, jusqu’à douze, simulateur à l’appui. Une famille de classe moyenne y paie moins que le prix de la brochure.

Le prêt garanti par l’État. Plafonné à 20 000 €, ouvert aux moins de 28 ans, il se contracte sans caution parentale parce que l’État en garantit 70 % via Bpifrance. Le taux se négocie toujours avec la banque, mais l’absence de garant ouvre une porte longtemps fermée. Les conditions figurent sur le site du ministère de l’Économie.

L’étalement. Presque toutes les écoles acceptent le paiement en trois à dix échéances, sans frais. La note ne baisse pas, mais le crédit à la consommation est évité.