Une carte grise coûte 13,76 € au minimum et dépasse 800 € pour un gros moteur, malus non compris. Le cas ordinaire, une occasion de 6 CV, tombe entre 270 et 430 € selon l’endroit où habite l’acheteur.
Il n’existe aucun tarif affiché, parce que le prix d’une carte grise se calcule. On prend la puissance fiscale du véhicule, celle qui figure en case P.6, et on la multiplie par le tarif du cheval fiscal voté par le conseil régional. Ajoutez 13,76 € de frais fixes : vous tenez la facture de neuf immatriculations sur dix.
| Case | Ce qu’elle paie | Montant |
|---|---|---|
| Y.1 | taxe régionale | puissance fiscale × tarif du cheval fiscal |
| Y.2 | formation professionnelle des transports | 34 € pour une camionnette, rien pour une voiture |
| Y.3 | malus CO₂ et malus au poids | à la première immatriculation française seulement |
| Y.4 | taxe de gestion | 11 € |
| Y.5 | acheminement du titre | 2,76 € |
| Y.6 | total à payer | la somme des cinq |
Ces six cases sont imprimées sur le certificat. Un titre reçu se relit ligne à ligne, et une erreur de puissance fiscale se voit en dix secondes.
Le tarif du cheval fiscal, la variable dont personne ne parle
Chaque conseil régional vote son tarif, et l’écart va du simple au double. Mayotte facture 30 € le cheval fiscal, l’Auvergne-Rhône-Alpes et les Hauts-de-France 43 €, les Pays de la Loire 51 €. Une grande moitié du pays plafonne à 60 €, du Grand Est à la Provence. L’Île-de-France a greffé sur son tarif une majoration de 14 € par cheval fiscal destinée aux transports franciliens, ce qui l’approche de 69 € et en fait le plus cher du pays.
C’est l’adresse du nouveau titulaire qui décide, jamais celle du vendeur.
| Puissance fiscale | à 43 € le CV | à 55 € le CV | à 60 € le CV | à 69 € le CV |
|---|---|---|---|---|
| 4 CV | 186 € | 234 € | 254 € | 290 € |
| 5 CV | 229 € | 289 € | 314 € | 359 € |
| 6 CV | 272 € | 344 € | 374 € | 428 € |
| 7 CV | 315 € | 399 € | 434 € | 497 € |
| 9 CV | 401 € | 509 € | 554 € | 635 € |
Calculez le prix de votre carte grise
Votre carte grise, case par case
Ce qui divise la taxe régionale, ou l’efface
Le véhicule de plus de dix ans. Dès sa onzième année après la première mise en circulation, la taxe régionale tombe à moitié prix. Elle est automatique, rien à demander. Sur une 9 CV dans une région à 60 €, elle vaut 270 €. Les motocyclettes y ont droit aussi.
La carte mobilité inclusion « invalidité ». Son titulaire ne paie aucune taxe régionale, dans toutes les régions, quelle que soit l’énergie du véhicule. Reste 13,76 €.
La succession, mais pas pour tout le monde. Le conjoint survivant marié sous un régime de communauté fait immatriculer le véhicule à son nom pour 13,76 €. Les enfants et les autres héritiers paient le tarif plein. Sauf s’ils revendent dans les trois mois du décès : le véhicule passe alors directement au repreneur, sans titre intermédiaire.
Un duplicata ou un changement d’état civil coûte lui aussi 13,76 €, un changement d’adresse 2,76 €. L’exonération de l’électrique, elle, a vécu : elle valait partout, les conseils régionaux ont repris la main, presque tous ont rétabli la taxe. Les Hauts-de-France sont les derniers à maintenir un demi-tarif pour le zéro émission.
Le malus ne se paie qu’une fois, jamais sur une occasion française
La case Y.3 se remplit à la première immatriculation en France, et cette fois-là seulement. Une occasion déjà immatriculée ici change de mains dix fois sans jamais rien payer de plus, même si elle émet 200 g de CO₂ au kilomètre.
Sur un véhicule neuf, le malus se déclenche un peu au-dessus de 100 g/km en cycle WLTP, un seuil que chaque budget abaisse de quelques grammes, puis grimpe gramme par gramme jusqu’à des dizaines de milliers d’euros. S’y ajoute le malus au poids, à partir de 1 500 kg à vide, de 10 à 30 € le kilo excédentaire selon la tranche.
L’occasion importée, elle, n’a jamais reçu de plaque française. Elle acquitte donc le malus : celui du barème en vigueur lors de sa première immatriculation à l’étranger, minoré d’un coefficient de vétusté calculé sur son âge en mois. Un gros SUV allemand de quelques années arrive avec plusieurs centaines à plusieurs milliers d’euros qui ne figuraient sur aucune annonce, et l’acheteur les découvre au moment de payer.
Ce que le prix d’une carte grise ne comprend pas
- le contrôle technique, obligatoire et de moins de six mois dès que l’occasion a passé quatre ans. Ajoutez le prix d’un contrôle technique ;
- les plaques, 15 à 30 € la paire posée, que la carte grise ne fournit pas ;
- l’amende de 135 € si la demande dépasse le mois qui suit la vente, portée à 750 € au tribunal ;
- les honoraires d’un intermédiaire, quand on passe par lui.
Payer sa carte grise moins cher
Faire la démarche soi-même. Elle se règle en ligne sur le site de l’ANTS, où l’on ne paie que les taxes. Ni commission ni frais de dossier.
Savoir ce qu’on paie à un tiers. Un garage, une concession ou un site privé habilité au système d’immatriculation ajoute ses honoraires à des taxes qu’il ne peut modifier d’un centime : 20 à 50 € pour un dossier simple, sans plafond légal. Le simulateur de service-public.gouv.fr donne le montant exact des taxes, et tout écart avec un devis est la marge du prestataire.
Vérifier la puissance fiscale avant de signer. Une formule la tire de la puissance nette du moteur en kilowatts : 74 kW donnent 5 CV, 100 kW en donnent 7. Deux versions du même modèle séparées par quelques kilowatts peuvent basculer d’une classe à l’autre, et chaque cheval fiscal de plus vaut le tarif de votre région.
Préférer une occasion déjà immatriculée en France. L’importation ajoute la traduction du titre étranger, le quitus fiscal à demander aux impôts, et surtout le malus, qui dépasse souvent le millier d’euros sur un modèle récent et puissant.
Questions fréquentes
Le prix change-t-il si j’achète dans une autre région ? Non. Seul le domicile du titulaire compte. Déménager entre la signature et la demande change bien le tarif appliqué, lui.
Un véhicule reçu en héritage puis revendu impose-t-il deux cartes grises ? Une seule, si la revente intervient dans les trois mois du décès et que personne n’a roulé avec entre-temps. Passé ce délai, l’héritier doit d’abord immatriculer le véhicule à son nom, et le second titre se paie plein tarif.