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Combien ça coûte

Prix d’un appareil auditif : vous payez aussi le suivi

Un appareil auditif se facture 950 à 2 500 € par oreille, et 0 € reste à payer en classe I. Le prix comprend des années de réglages, et le devis doit séparer cette ligne de celle de l’appareil.

  • 7 min de lecture
Un contour d’oreille posé sur sa boîte de séchage, embouts et filtres à côté

Le prix d’un appareil auditif va de 950 à 2 500 € par oreille, et la plupart des appareillages portent sur les deux. Ce qui sort réellement de votre poche va de 0 € en classe I à 1 500 € par oreille pour un haut de gamme mal couvert.

Le montant du bas de page n’achète pas qu’un boîtier. Il paie aussi des heures d’audioprothésiste étalées sur les quatre années suivantes, et c’est ce qui rend deux devis impossibles à comparer sur leur total.

Par oreilleFacturéRembourséReste à payer
Classe I, 100 % Santé950 € au plus950 €0 €
Classe I, Complémentaire santé solidaire800 € au plus800 €0 €
Classe II, entrée de gamme950 à 1 300 €700 à 1 300 €0 à 400 €
Classe II, milieu de gamme1 300 à 1 800 €900 à 1 700 €200 à 800 €
Classe II, haut de gamme1 800 à 2 500 €1 000 à 1 700 €300 à 1 500 €

L’Assurance Maladie verse 240 € par oreille, quelle que soit la classe et quel que soit le prix affiché : 60 % d’une base fixée à 400 €. Le reste vient de votre complémentaire. Part de la Sécurité sociale comprise, un contrat responsable ne dépasse jamais 1 700 € par oreille.

Le devis porte deux prix, et un seul concerne l’appareil

L’arrêté qui fixe le devis normalisé l’impose, et la DGCCRF le rappelle : le document fait apparaître « de façon distincte » le prix de l’appareil et celui des prestations d’adaptation. Presque personne ne lit la seconde ligne.

Ces prestations sont indissociables de l’appareil vendu, et leur contenu figure en annexe du devis normalisé. Trois séances de contrôle obligatoires la première année, aux troisième, sixième et douzième mois. Deux rendez-vous par an ensuite, pendant toute la durée de vie de l’appareil : réglages, mesures, relevé du journal d’écoute, entretien, dépannage sous garantie.

Dix à douze heures de travail, cumulées sur quatre à cinq ans. Vous les réglez le jour de l’achat, en une fois, avant d’en avoir consommé une minute.

Deux conséquences. Un devis moins cher de 300 € vend parfois moins de suivi, et cela se lit sur cette ligne-là plutôt que sur le total. Et l’appareil qui finit au fond d’un tiroir au bout de six mois emporte avec lui un service déjà payé.

Ce qui vous place en haut ou en bas

La classe, avant tout le reste. La classe I est plafonnée à 950 € par oreille. Au-dessus, plus aucun prix n’est administré : l’audioprothésiste fixe son tarif comme il l’entend.

Le nombre de canaux de réglage. Douze au minimum en classe I. Les modèles de classe II montent à vingt, parfois davantage, ce qui affine le traitement du bruit ambiant sans rien changer dans une pièce calme.

La forme. Le contour d’oreille reste le moins cher. L’écouteur déporté coûte un peu plus. L’intra-auriculaire moulé sur votre conduit ajoute 200 à 400 €, et il se répare moins bien.

Les deux oreilles. Le prix double. Rien n’oblige un audioprothésiste à consentir un tarif de paire, et la profession ne le pratique guère.

La classe I n’est pas un appareil au rabais

Pour entrer dans la classe I, un appareil doit amplifier au moins 30 dB et embarquer trois options prises dans une liste : réducteur de bruit du vent, connexion sans fil, synchronisation binaurale, micro directionnel adaptatif, système anti-acouphène. L’écart avec la classe II se joue sur le confort d’écoute en milieu bruyant, rarement sur l’intelligibilité dans un salon.

Le reste vient avec : trente jours d’essai minimum avant l’achat, quatre ans de garantie, et exactement les mêmes prestations de suivi qu’en classe II. L’audioprothésiste doit proposer au moins un modèle de classe I pour chaque oreille à appareiller.

Rien n’impose la même classe des deux côtés. Une oreille en classe I, l’autre en classe II : les deux se facturent ligne par ligne. Le mécanisme est celui du panier sans reste à charge en optique, et il est aussi peu proposé ici que là-bas.

Les frais qu’on n’avait pas comptés

Les piles. L’Assurance Maladie prend en charge 3 à 10 paquets de six piles par an selon la consommation de l’appareil, sur une base de 1,50 € le paquet remboursée à 60 %. Le quota double en appareillage bilatéral. Comptez 40 à 80 € par an pour deux oreilles, rien si les appareils se rechargent.

Les consommables. Dômes, filtres pare-cérumen, embouts : 30 à 100 € par an, davantage si l’oreille produit beaucoup de cérumen.

Une casse hors garantie. De 150 à 400 € la réparation, davantage quand la carte électronique a pris l’eau. Les contrats couvrant la perte et le vol se paient 30 à 60 € par an et par appareil.

Le renouvellement. La prise en charge ne repart qu’au bout de quatre ans révolus, comptés de facture à facture. Comme la durée de vie réelle tourne autour de quatre à cinq ans, la marge est mince : un appareil perdu au bout de deux ans se remplace intégralement à vos frais.

Où la note baisse vraiment

La Complémentaire santé solidaire. L’audioprothésiste doit proposer à ses bénéficiaires un appareil à 800 € au maximum par oreille, entièrement pris en charge. C’est le seul dispositif qui abaisse le prix facturé lui-même.

Demander la ventilation avant de signer. Le devis la porte déjà. Deux propositions au même total peuvent cacher 400 € d’écart sur la ligne appareil, donc un boîtier plus modeste et davantage de suivi, ou l’inverse.

Connaître le plafond de son contrat. Passé 1 700 € par oreille, aucune complémentaire responsable ne suit. Facturé 2 400 €, l’appareil laisse au moins 700 € à votre charge, quelle que soit la formule souscrite.

Se servir des trente jours d’essai. Le tiers payant n’intervient qu’à la fin de la période d’essai : rien n’est facturé tant que vous n’avez pas confirmé. Commencer par un modèle de classe I, quitte à monter ensuite, ne coûte rien et renseigne mieux qu’une démonstration en cabine.

Ce que ça vous coûte par mois de port

Deux questions qui reviennent

Peut-on changer d’audioprothésiste en cours de route ? Oui, à tout moment, et le premier doit transmettre votre dossier au confrère que vous désignez. Le nouveau, lui, n’a jamais touché un euro pour votre suivi, puisque celui-ci était compris dans le prix versé ailleurs. Une petite moitié de la profession ne facture rien dans ce cas. Les autres décident au cas par cas, et cela se demande avant le premier rendez-vous.

Faut-il passer par un ORL ? Pour un premier appareillage après six ans, la prescription vient d’un ORL ou d’un médecin généraliste formé en otologie médicale. Le renouvellement, lui, se prescrit par n’importe quel médecin.